Des lentilles pour tous les goûts

Jamais le choix des lentilles de contact n’a été si large

« Les indications des lentilles de contact sont multiples », explique Sybille Peguiron, optométriste à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. Il y a tout d’abord les amétropies : myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie, anisométropie (différence de réfraction importante entre les deux yeux) et le contrôle de la myopie évolutive. Mais aussi les pathologies et les déformations de la cornée, les dystrophies (affections génétiques caractérisées entre autres par une perte de l’acuité visuelle), les greffes cornéennes, les sécheresses oculaires sévères, les atteintes de la pupille…

Comment bien choisir ses lentilles ?

Il en existe plusieurs sortes :

  • Les lentilles souples : elles offrent un très bon confort immédiat du fait de leur teneur en eau, raison de leur souplesse. Elles se déclinent en lentilles standards ou sur mesure, avec un re- nouvellement obligatoire plus fréquent pour les premières. Elles épousent la forme de la cornée et limitent donc l’amélioration de l’acuité visuelle en cas d’irrégularités cornéennes.
  • Les lentilles semi-rigides : elles sont envisageables pour tous les défauts visuels et particulièrement efficaces pour corriger les astigmatismes et les défauts importants. Elles sont faciles à manipuler, mais leur confort est relatif.
  • Les lentilles sclérales : comme leur nom l’indique, elles reposent sur la sclère (la fine membrane qui forme le « blanc » de l’œil) et non la cornée. Elles sont indiquées pour améliorer l’acuité visuelle dans un bon nombre de situations et, dans certains cas, pour la protection thérapeutique de la cornée.
  • Les lentilles hybrides : leur centre est semi-rigide et leur zone périphérique composée de silicone-hydrogel. Alliant confort et efficacité visuelle, elles restent plus fragiles (du fait de la jonction des deux matériaux).
  • Les lentilles prothétiques : sclérales ou souples, elles sont teintées après adaptation, soit pour une raison esthétique, soit pour diminuer un éblouissement lié à un problème pupillaire, soit encore pour améliorer les contrastes en basse vision.
  • Les lentilles thérapeutiques : des lentilles sclérales ou souples peuvent aussi être adaptées pour protéger la cornée (par exemple en cas de problème de paupière ou de paralysie faciale).

La lentille étant un corps étranger, il existe un risque d’infection. À chaque utilisation, il faut donc bien se laver les mains et nettoyer les lentilles, ainsi que leur étui, avec une solution adaptée. « On oublie souvent que l’étui peut être une source de contamination », précise Kate Hashemi, médecin associée à l’Unité de cornée et chirurgie réfractive de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. De plus, il ne faut pas porter ses lentilles en permanence durant la journée et ne pas dormir avec. Pratiquer la natation en portant des lentilles, même jetables, est à éviter, car celles-ci ne doivent pas entrer en contact avec de l’eau (peu importe sa source). Enfin, en cas d’inflammation, de douleurs oculaires ou de baisse de l’acuité visuelle, il est important de consulter rapidement.

Participation aux remboursements par la LAMal

Le prix dépendra du type de lentille adopté. Le porteur se verra rembourser une quote-part selon les indications mentionnées dans le tableau ci-dessous.

Conditions médicalesParticipation de la LAMaL
– Modification de la réfraction due à une maladie
– Nécessité après une opération
180.– /œil par année
– Amélioration de l’acuité visuelle de 2/10 par rapport aux lunettes
– Myopie > -8.0 dioptries
– Hypermétropie > +6.0 dioptries
– Anisométropie dès 3.0 dioptries
270.– / œil
tous les deux ans
– Astigmatisme irrégulier
Kératocône
– Pathologie ou lésion de la
cornée
– Nécessité après une opération
de la cornée
– Défauts de l’iris
630.– / œil
sans limitation
de temps

Article issu de notre magazine Bienvu!

n°1 décembre 2020
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